Éclat funèbre

(Pour lire le texte en PDF, c’est ici)

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Je ne demandais rien

Ma vie était taudis

Me voilà tel un chien

Devant ses yeux maudis

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J’étais libre, éperdu

Me voilà écorché

Par la balle perdue

La flèche décochée,

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Par l’épais épieu noir,

Ce cœur ensanglanté

N’a plus aucun espoir

Qu’elle vienne m’achever

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Accroché par un fil

Le harpon me maintient

Et me laisse docile,

Dirigé par ses mains

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Et les palpitations

Qui en moi s’entrechoquent

S’accordent aux vibrations

Du fil qu’elle provoque

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Je fluctue au hasard

De ses mains animées

Rattaché par ce dard

Au bout envenimé

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Le poison silencieux

Doucement me tenaille

Et pourris de son mieux

Le fond de mes entrailles

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Circulant dans mon sang

Il tue ma volonté

Et me rend languissant

Au point de tout quitter

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Si jamais elle voit

La passion qui m’enivre

Elle peut de sa voix

M’ôter l’envie de vivre

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C’est l’unique insomnie

D’une nuit somnifère

Un tesson dépoli

Dans un buisson de verre

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Vaut-il vraiment la peine

Que cet être insoumis

Me fasse ouvrir les veines

Du tranchant de l’oubli ?

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La raison qui s’égare

De mon corps maladif

S’échappe et perd espoir

D’un amour trop tardif

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Perdant pied je me soule

Jusqu’à en perdre envie

De la vie qui s’écoule

De ma lente agonie

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Gouter enfin au vide

S’en aller pas à pas

Fin d’un amour avide

Qui ne commença pas

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amanalat@hotmail.fr

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Licence Creative Commons

Eclat funèbre de Antonin ATGER est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

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Petit historique du poème :

J’ai fait la première version de ce poème au lycée! Et oui, vous savez, les sentiments à vifs, la jeunesse, les drames amoureux (quoi qu’il n’y a pas d’âge pour ça, n’est ce pas?), bref, un jour, dans un éclair de colère (notez la rime riche s’il vous plaît), j’ai saisit un bout de papier, un stylo et commencé à écrire cela. Il faut dire aussi que le cours dispensé alors était particulièrement ennuyeux (et donc favorisait particulièrement l’échappatoire artistique !).

L’idée de base était de calquer les vers sur la rythmique de la chanson de Francis Cabrel. “Je l’aime à mourir” devenait ainsi “Je l’aime à crever” (je sais, j’étais jeune). Ainsi, les premières strophes, par exemple, devait être :

Moi je n’étais rien
Et voilà qu’aujourd’hui
Je suis tel un chien
Devant ses yeux maudis

Une flèche noire
Un cœur ensanglanté
Il n’y a plus d’espoir
Qu’elle vienne m’achever
Je l’aime à crever

Et ainsi de suite !

Puis j’ai voulu détacher ce poème de cette chanson. J’ai pour cela changer les deux premières phrases du poème, et rajouté un pied sur tous les premiers et troisièmes vers de chaque strophe (pour « il n’y a plus d’espoir », j’ai simplement séparé le « y » du « a »).

En ressortant le poème de ma paperasse, je me suis dis qu’il y avait une concision, une puissance, une efficacité (du aussi au fait qu’il ait été écrit d’un trait) qu’on retrouvait moins, par exemple, dans l’”Eclat de la feuille”. L’effet adolescent je suppose !

J’ai alors voulu retrouver cette rapidité, cette efficacité, et pour cela j’ai développé le poème avant de le poster ici ! En effet, la moitié des vers datent de mes années lycées, les autres on été rajouté lors de la publication du poème sur ce blog  ! Si vous pouvez les différencier, bravo ! Cela veut dire que je ne peux plus retrouvé l’énergie que j’avais alors, et qu’une partie de ma jeunesse est bel et bien fini…

A bientôt !

Amanalat

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8 commentaires pour Éclat funèbre

  1. Lola dit :

    Un poème fort en émotion ! Tu était déjà sacrément doué au lycée ^^

  2. Tikva dit :

    Pensées douées, rusées, voire, frappantes, coupe pas la fin! On attend la suite…

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