L’Eclatement de la Mémoire

Je pense donc je suis, je suis ce que je pense.

Je reste chevillé à cette certitude

M’accroche âme et corps face à la décrépitude

Que fait ma maladie qui lentement se…

Déjà les mots m’échappent mais je m’accroche

A ces souvenirs qui fuient de part en part

Je m’y accroche comme ultime rempart :

Mon aimée, la maison cernée de roch…

Mais ma vie file et je suis condamné

S’effilochant sans fin et sans repère

Sans s’arrêter et mon fils déjà perd

Son nom, le souvenir de sa nai…

Tout disparaît et je suis à court

D’idées car la maladie me ronge

Oui mais pas encore ! Et même en songe

Je me battrai! Rendrai coup pour…

Comme un spasme dans le cerveau

A chaque fois est éructée

Et puis éjectée ma pensée

Comme si j’allais la vo…

Encore un mot qui s’arrache

Mais il me reste mes sens

Cette dégénérescence

Qui brûle et qui va m’ach…

Les sensations ! Pense, et

Résiste un peu encore

L’odeur, le goût, ce corps

Que tu veux ense…

 Je me rattrape à

Ça et ma pensée

N’a plus de sens et

Je ne veux pas…

Trop tard et l’on

Ne peut rien faire

Et se défère

Ma volon…

 C’est fini

Ma mémoire

Sans espoir

Se vi…

Fini.

Je cesse

De res –

Pi…

Corps

Noir…

Moires

———————————————————————————————————–

J’avais ce thème de la disparition de la pensée en tête depuis déjà quelques temps (rassurez – vous, j’ai aussi beaucoup de pensées positives , ce qui n’est pas forcément une évidence lorsqu’on lit mes poèmes!).  La participation à un concours de poésie (où je n’ai pas été sélectionné), a été l’occasion de me mettre à sa rédaction.

De manière plus générale, j’ai souvent été intéressé par la relation qui pouvait exister entre le fond et la forme (visuelle) dans le texte.

Généralement, le sens est plus important que l’apparence dans un écrit. Mais c’est à mon sens (justement) sous-exploiter cette potentialité. Dans une histoire de jeunesse, j’avais décrit un fusil en mettant chaque mot (gâchette, canon) de manière a voir la structure de l’arme (oui oui, mes histoires étaient tout aussi joyeuses quand j’étais jeune, comprenant des tueurs à gage et ce genre de joyeusetés).

S’il s’agit d’un poème versifié, cette “forme” du texte est d’autant plus importante qu’elle impacte directement sur la rythmique de lecture. J’avais déjà travaillé sur cela avec “l’Eclat de la neige” où l’accélération dans l’histoire se traduit par une raccourcissement des vers, une régularité (et des allitérations de consonnes “claquantes”). Ce sera aussi le cas pour de prochains poèmes.

Si l’envie vous en dit, suivez le procédé inverse : comment quelqu’un passe du néant à la pensée, soit en retrouvant la mémoire, soit en naissant (par exemple). La versification sera donc 0111, 1222, 2333, etc….

Envoyez moi votre œuvre ainsi créée, je la mettrais en complément de celui ci !

A bientôt

Amanalat

Licence Creative Commons

L’Eclatement de la mémoire de Antonin ATGER est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 France.

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