Thomas Guénolé va faire un débat avec Alain Soral, et c’est une très mauvaise idée.

L’argument du politologue pour défendre cet évènement est, je cite, de combattre l’extrême droite et ses idées.
Pour rappel, Alain Soral est une figure extrêmement importante de l’antisémitisme, de l’homophobie et du masculinisme français. Il s’est exilé à Moscou il y a quelques mois pour échapper à la justice suisse lors de son procès pour « apologie du terrorisme ». Il estime la justice suisse associée à la « France juive ».
Sur le papier, on pourrait se dire qu’en démocratie, les idées, même les plus terribles, se combattent et qu’un débat est le meilleur format pour ça.
Mais ça, c’est sur le papier.
Dans le réel, je pense qu’il faut se poser une question fondamentale :
À qui bénéficiera le débat ?
Et pour moi, quel qu’en soit l’issue, ça bénéficiera à Alain Soral.
Car Alain Soral est désormais un vieux monsieur. S’il a eu une grande influence en France il y a 10 ans, au point de former des générations d’antisémite, son influence décroit d’année en année.
Faire ce débat, c’est lui réaccorder une importance. C’est braquer un nouveau projecteur sur lui.
Admettons que Thomas Guénolé soit impeccable dans ce débat (ce dont on peut douter, Guénolé n’est pas mauvais en débat mais se fait régulièrement piéger). Cela désavouera les idées de Soral ?
Un débat ne se base pas sur une argumentation précise.
Il peut se gagner sur des attaques personnelles, des insultes, des provocations, des phrases choques qui se propageront sur les réseaux et lui donneront une caisse de résonnance incroyable.
Enfin, comment « gagner » un débat face à une personne qui déblatère des horreurs antisémites ? Dire que c’est faux ? Que ce n’est « pas bien » ? A quel moment cela convaincra le moindre adepte ?
Cet échange n’aura AUCUN effet bénéfique.
Parfois, la programmation même d’un débat mettant en avant des personnalités qui ne devraient pas être exposées est une défaite, avant même que les premiers mots soient prononcés.
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Si vous souhaitez que j’intervienne sur le sujet des Fake News dans un établissement scolaire, une entreprise ou une association, n’hésitez pas à me contacter !
Tu prétends combattre les fake news, mais ton raisonnement revient à dire : « Certaines personnes ne devraient pas avoir de tribune parce que leur discours est dangereux. »
C’est précisément là que l’esprit critique devrait commencer !
Rainbow Warrior, Mediator, MK-Ultra, attentats de Bologne, Cointelpro, sang contaminé, Snowden, Panama Papers, chlordécone et j’en passe : des institutions puissantes et étatiques ont réellement menti, dissimulé ou nié certains faits avant que des enquêtes ou la justice ne les établissent.
Cela devrait nous rappeler une chose essentielle : pour défendre ses intérêts, le système capitaliste peut être profondément vérolé, y compris au sein d’institutions censées nous protéger. L’école n’échappe pas à cette nécessité de porter un regard critique.
C’est précisément pour cela qu’une démocratie saine devrait se méfier de ceux qui prétendent déterminer à l’avance quelles voix peuvent être entendues.
Le remède aux idées fausses n’est pas le silence : c’est la contradiction, les preuves et la confrontation publique.
Si ton adversaire raconte des absurdités, démontre-les. Si tu considères qu’il faut lui retirer sa tribune parce que le public pourrait être convaincu, fais-tu encore confiance à l’esprit critique du public, considères-tu qu’il faut décider à sa place de ce qu’il a le droit d’entendre ?
Et qui décide de ce qui peut être entendu ? Qui s’arroge le droit de se positionner en autorité morale et de déterminer quelles voix sont légitimes : toi, les médias, les institutions, les universitaires et autres experts ? Au service de quels intérêts cette hiérarchie de la parole fonctionne-t-elle ? Qui paie ces gens en dernière instance ?
Honneur à ceux qui sont persécutés pour leurs idées, quelles qu’elles soient.
Je pense, malheureusement, que Guénolé fait plus cela pour soigner son CV que pour ce qui l’invoque.
« Des phrases-chocs » ou « phrases-choc » (avec ou sans tiret).
Il ne faut pas utiliser l’IA générative pour générer des illustrations qu’elles qu’elles soient. En plus d’être hideux c’est un désastre écologique.
C’est assez hideux en effet. Je précise que l’affiche n’est pas de moi, mais de Thomas Guénolé qui l’a posté sur ses réseaux sociaux