Poème 2013

La transition un peu sanglante entre 2012 et 2013

Ce fut un cru exceptionnel
Que l’année qui vient de finir
Avec sa crise exponentielle
Et son lot de bons souvenirs

Où la reine d’Angleterre
L’expression faciale indicible
Saute avec Bond d’hélicoptère
Il n’y a qu’un seul mot : crédible

Où sont franchis des pics d’audiences,
Et cent mètres par Usain Bolt
Où la normale présidence
Remplace celle à 20000 Volts

Où un crétin halluciné
Un Joker blafard et braillard
Veut faire mourir dans un ciné…
Il est moins bon que Cotilliard

Une fin d’année réussie
Car le peuple n’avait d’yeux
Que pour l’escapade en Russie
De ce coquin de Depardieu

Qui salue la démocratie
Proposée par l’ami Poutine
Où en prisons se rassasient
Les opposants à la cantine

Où les journaux se font contraindre
Où hôpitaux sont en dépôt
De bilan ; mais pourquoi se plaindre
Au moins, il y a moins d’impôts

Parlant de vieux ventripotents
Un autre encore nous fait marcher.
Rouge,  barbu, tout tripotant
Les gamins au supermarché

Il put la bière et la misère
Sera viré au Réveillon
On le paye pour qu’il repère
Gamins, parents dans les rayons

Le voilà qui dit, sentencieux
A un vieil attardé d’ado
Que l’amour de son père se
Mesure au nombre de cadeaux

Mais ce père, au fond, les lui brise :
N’achetant pas la dernière Wii
Pour une idiote histoire de crise…
Il aurait pu juste dire « oui… »

Alors ce gamin tête à claques
Criant jusqu’à s’en rendre aphone
Se vengera d’un tweet qui claque
Envoyé d’un nouvel I Phone

Ce Père-Noël ainsi guindé
Allant de boulots en défaites
Ira se faire enguirlander
– Pour rester dans l’esprit des fêtes –

Par le patron du magasin
Petit chef éructant d’aigreur
Lui annonçant d’un air malsain
Qu’il sera viré avant l’heure

Il finira dans son taudis
Unique amie : sa cigarette
Il est seul, et saoul, et maudit,
Se dit qu’il faut que tout s’arrête

Il sortira d’où sont cachés,
Les prenant pour dernier repas,
Une bouteille et des cachets
L’accompagnant jusqu’au trépas

Mais gardons bien l’esprit des fêtes!
Et autant gaver les morveux
De cadeaux par-dessus la tête
Avant de présenter ses vœux

Car  voici la nouvelle année
Et qui malgré tout commença
Puisque personne n’a cané
A l’apocalypse Maya

Il y avait des ahuris
Pour croire à tous ces racontars
Certains idiots ont même écrit
Des chroniques sur ces bobards !

Et voici donc une nouvelle
Année : joie, bonheur, santé
Et puis une crise exponentielle
Ce n’est pas prêt de s’arrêter…

Mais surtout il vous faut honnir
Celui voulant vous enfumer
Parlant de passé, d’avenir
D’un air cynique et déprimé

L’écrivaillon pédant, plaidant
Que le bonheur n’existe pas
Mais le disant bien au chaud dans
La maison de maman-papa

Si jamais un jour vous lisez
Cet oiseau de mauvais augure
Disant que tout va s’enliser
Que tout se casse la figure

Et qui vous sort tel un prophète
Que tout est mal et que le ciel
Va bien vous tomber sur la tête
Que la crise est exponentielle

Giflez-le de tout votre cœur
Sur sa gueule de déprimé
N’ayez pas peur de la douleur
Car il aime être dominé !

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Un petit poème de bonne année ! Il transpire la joie et la bonne humeur, histoire de commencer 2013 du bon pied…de nez !

La magnifique illustration qui accompagne ce poème est l’œuvre du talentueux Thomas Carli-Jarlier (j’use et abuse de superlatifs, je sais, mais c’est mérité). Pour découvrir ses différentes œuvres graphiques, faites donc un tour par ici !

Le dessin n’est pas son seul talent, il est aussi batteur dans le groupe anglo-franco-russe The Atelier, dont voici ici le dernier single ! Pour leur page Facebook, cliquez ici !

Ma prochaine nouvelle (et oui, une nouvelle, ça faisait longtemps n’y en avait pas eue sur ce site!), Fait Divers, sera aussi illustrée de sa main !

A bientôt !

Amanalat

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Le marinier

(Descriptif poétique du métier de marinier,
commande de l’entreprise Echelle 1.1)

Le marinier vit sur un rythme à trois temps. Régulier, répété, immuable. D’abord en courant, puis en contre-courant, enfin le pied à terre. Descendre, remonter, pause. Port, port, pause. La musique recommence. Les containers s’accrochent, se décrochent, se déposent. Croche, croche, pause. C’est la clé, et la gamme de produit est amenée au sol.

Le rythme est impératif malgré la crue du fleuve et l’accrue des eaux. Le bateau s’allège, le trajet s’abrège mais il a lieu. Il pleut, il neige, même chose. Croche, croche, pause. Malgré le chaos du fleuve et les cahots d’esquif, la péniche fend les remous comme une épée dans l’eau.

Chalon, Macon, Lyon, Fos. D’abord la descente.

Référentiel oblige, le marinier voit le bateau immobile et le décor filer. L’image s’arrête surdes aplats d’eaux calmes et de natures mortes. Parfois, la pluie tapisse d’un pointillisme brumeux ces paysages suggérés.

La descente se ponctue d’écluses remettant les choses à niveau. Puis reprend le trajet, qui va de bout en bout. De l’ébauche à l’embouchure. Des Coteaux du Rhône à ses Bouches. Fos est le terminal, ponctué d’une décharge administrative et de produits. Une fois que le ponton s’abaisse, permettant de passer ces douves portuaires, les gens s’attaquent aux containers et les descendent, les mettent à terre. Ils les vident de leur chair de matière, ne laissant derrière eux que des carcasses de métal. Ces maigres cadavres sont laissés à l’état de squelette anguleux ou se retrouvent empaillés d’autres produits et, après avoir été pillés au sol, sont empilés à nouveau sur le navire, estampillés sur le papier.

Un pied à terre et il faut repartir. Le trajet se déroule à nouveau sous la coque mais dans l’autre sens. Le navire remonte le fleuve et l’envers du décor apparaît. Le fleuve est à nouveau démonté à coup d’écluses.

Le navire accuse et se remet à niveau. Les choses se font, se défont à nouveau. La péniche fend les eaux mais les paysages ont ralentis leur course. L’espace et le temps n’ont plus le même rapport et l’eau, contraire et contrariée, rajoute au tableau une impression d’immobile.

Le jour, le marinier dirige cette avancé contre-nature. La nuit, il loge dans son lit de rivière. Puis les vallons de l’Ardèche deviennent Vallée de la Chimie. La ville approche…

Enfin le retour. Le pied à terre s’équilibre avec le pied marin. Sept jours à bord, sept jours au port ; les équipes s’alternent dans une opposition symétrique. Le navire, les documents et le relai se transmettent, le cycle permet la continuité de la rythmique. Sept jours de port, de rapports et de repos. Mais pas de report. Très vite l’embarcation s’appareille. L’échange reprend. Le cycle perdure…

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Après nos péripéties apocalyptiques, retour à d’autres textes et d’autres styles ! Celui-ci relate la vie d’un marinier effectuant des allers et retours sur les fleuves. Ce trajet commence à Chalon et Macon sur la Saône. Celle-ci devient Rhône et il s’arrête au Port Edouart Herriot à Lyon avant de finir à Fos-Sur-Mer. Le trajet s’effectue ensuite en sens inverse. L’objectif n’était pas un descriptif documentaire de ce métier mais d’y apporter une sensibilité artistique.

Ce texte est une commande pour la jeune entreprise Echelle 1.1 que je vous conseille vivement de découvrir. Echelle 1.1 a pour but la valorisation du territoire à travers la création d’un imaginaire artistique. Cela passe par divers supports : textes, court-métrages, vues 3D, le tout de grande qualité.

Mais foin d’explications, découvrez leurs différentes compétences en allant sur leur site ! Si vous cherchez mon texte, retrouvez-le sur leur impressionnante carte multimédia !

Les photos sont toutes effectuées par le photographe Guillaume Atger. Voici l’endroit pour découvrir la pluralité de son travail : http://www.divergence-images.com/guillaume-atger/

Attention ! Ces photos ne sont pas le trajet actuel suivit par le marinier. Mon but n’était pas de coller à la réalité mais d’avoir un visuel jouant avec la thématique exploitée dans le texte. 

Ce travail de pluralité artistique est ce que je cherche pour ce site. Si vous avez des visuels (dessin, photo, gravure) voir des musiques que vous imaginez correspondre avec certains de mes écrits, n’hésitez pas à me les proposer.

A bientôt !

Amanalat

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Histoires minimalistes

Raconter une histoire en six mots? Un défi proposé, parait-il, par Hemingway. Relevons-le ensemble !

Fidèle, je trompais l’amant avec l’époux

Poétiser l’espace, le beau de l’air

Quand j’en ai mare, je m’étang

Musicien dépressif cherche une note d’optimisme

Langue de vipère avalant des couleuvres…

Soudain, les glaçons fondirent sur lui

Bateau ivre cherche bouteille… et message

Je suis crevé… ça me gonfle !

Gourmandise : un défaut parfait… au chocolat

Lèche-botte cherche cirage de pompe

Athéiste croyant en Dieu sait quoi

Feignant souffrant d’un tour de rien

Étouffé d’amour, il respirait pourtant l’indifférence

Cuisinier bouddhiste aimant chakras de morue

Complémentarité : chaud lapin cherche femme frigide

Prendre son pied, dans le plat

Buvant ses paroles, il mourut déshydraté

Mort de peur, il se tut

Cacher ses larmes à coup d’oignons

Deux cocaïnomanes entrèrent en collision nasale

Voyageant énervé, j’utilisais de grands chevaux

A vivre mille choses, il s’éclate…

Comme drogué par son regard stupéfiant

Je lis les maux dans l’aspirine

Épuisement: le sportif en a trophée

Vous aimez le concept? Il provient d’Ernest Hemingway qui, au défi d’écrire une nouvelle de six mots, rédigea:

For sell. Baby shoes. Never worn.

Selon la légende, il dit que ce fut la meilleure histoire qu’il ait jamais écrit (et effectivement, c’est vachement bien!)

Or, un site a eu la bonne idée de reprendre le concept et de proposer aux internautes d’écrire leurs propres histoires en six mots.

Ce site s’appelle justement 6 mots et voici son lien.

J’ai dorénavant ma propre page dessus. Pour lire mes autres courts écrits (plus de cent), c’est par ici.

Prenez le temps de vous balader parmi les auteurs car certains ont vraiment écrit de petites perles humoristiques et poétiques !

A bientôt !

Amanalat

PS: un doute subsiste quant à la paternité d’Hemingway sur cette histoire. Si vous lisez l’anglais et que vous voulez en savoir plus, c’est par ici.

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Chronique du Mystérieux Inconnu

(ps : commencez donc par le début, c’est à dire cette pré-chronique!)

D’abord quelques chiffres. Toujours commencer par les chiffres. Se rassurer. Trouver de la cohérence.

Il m’aurait fallu un mois entier. Pour 217 pages. Soit sept pages par jours. Sept putains de pages, dont chaque mot me brûlait la rétine. Par comparaison, quand il s’agit d’un Yasmina Khadra, c’est un rythme de croisière à 150 pages / jour.

l'attentat

Seule information sérieuse de cette chronique : ce bouquin est fantastique.

Ensuite, il m’a fallu trois mois de latence. C’était médicalement indispensable. Pour digérer. Accepter ce que j’ai lu. Et, enfin, oser en parler.

J’en ai besoin. Les psychologues sont d’accord sur ce point : quand quelque chose disparaît, il faut du temps pour faire son deuil. Déni, Marchandage, Colère, Dépression, Acceptation. Je suis passé par toutes ces étapes. Dorénavant j’ai assez de recul pour parler de ce que j’ai perdu :

Mon innocence littéraire.

Car oui, avant, je pensais sincèrement que les gens se mettaient à écrire pour une raison. Cela pouvait être se faire mousser l’égo à coup de brosse à reluire (tout bon Ecrivain Maudit saura de quoi je parle), ou simplement se faire des tunes (tout bon lecteur d’Amélie Nothomb saura de quoi je parle)

barbe bleue

Par ce que bon, un remake de Barbe Bleue… Et puis on est tellement convaincu de l’efficacité de l’histoire qu’en couverture on va mettre…l’auteure !

Au moins, à chaque fois, il y avait une raison. Une cohérence. Un truc rationnel, bordel !

Et puis il a fallut que je tombe sur ça :

Le mystérieux inconnu

Pourtant, aux vues des circonstances ayant mis ce bouquin sur ma route, on pouvait parler de conte de fée (un règlement de compte de fait serait plus juste pour qualifier cette chronique). Je l’avais vu sur sa devanture de librairie, moche, sûrement invendu depuis des années. Il m’a ému. Sa couverture cornée a humidifié la mienne. Je l’ai pris en pitié. J’ai décidé de le prendre sous mon aile, lui promettant un foyer (le fond d’une cheminée ? penserais-je deux jours plus tard). Au moment de passer à la casserole caisse, le vendeur m’a confirmé la qualité de l’ouvrage d’un torve « Beuuuuaf » (j’étais à Paris, je n’allais pas, en plus, demander un sourire).

Slenderman

Expression faciale typique du parisien

Et puis, quatre euros, ce n’est pas si cher…

Grossière erreur ! Quatre euros, pour cette chose, c’est quatre euros de trop. Voir plus, tant on devrait nous payer pour s’infliger ces assauts linguistiques à longueur de pages. Quelques jours plus tard, remplis de regret, je pensais à tout ce que j’aurais pu avoir avec ces quatre euros…tant de cafés et de … non, je déconne. Je suis à Paris, nous parlerons donc plus d’un demi café pour ce prix.

Demi Café

Voici à peu près la quantité de café que l’on peut se payer à Paris avec 4 euros. Encore que le dessin soit trompeur : ce n’est pas par ces vêtements qu’il passe…on ne l’appelle pas « jus de chaussette » pour rien.

Et moi, j’étais tout fier de mon côté « je prends des bouquins au hasard, je laisse le destin choisir pour moi, je refuse les choix de la société de consommation, révolution !, JK Rowling tu peux aller te faire voir chez les Serpentars ».

Une place à prendre

JK Rowling : Une place à prendre. Quel titre idiot. « Le mystérieux inconnu », c’est bien plus original.

Le début me met en confiance. De plus, un subtil orgueil m’empêchait d’admettre que j’avais pu me tromper. (Soit dit en passant, cela démontre l’incroyable perversité de l’auteur : IL EST CAPABLE DE BIEN ECRIRE, le saligaud).

Voyez plutôt la première phrase :

« Le 24 avril 190… vers six heures du soir, un navire, battant pavillon anglais, stoppa à l’entrée du vieux port de Marseille et, aussitôt, hissa le drapeau jaune pour demander le service de santé. »

Sincèrement, ça passe. C’est plat, terne, tout ce que vous voulez, mais ça passe. Les mots sont dans un ordre à peu près cohérent, on pourrait se laisser tenter par la ligne suivante. Certes, une légère surabondance de virgules, on se dit que ça évoluera (ce ne sera pas le cas). On ne comprend pas forcément ce besoin de cacher le dernier chiffre de l’année, sans doute mettre une part de mystère (d’ailleurs ce sera la chose la plus énigmatique de l’histoire. Je rappelle qu’il s’agit d’un bouquin policier).

Alors on continue.

Et le drame arrive.

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L’Eclatement de la Mémoire

Je pense donc je suis, je suis ce que je pense.

Je reste chevillé à cette certitude

M’accroche âme et corps face à la décrépitude

Que fait ma maladie qui lentement se…

Déjà les mots m’échappent mais je m’accroche

A ces souvenirs qui fuient de part en part

Je m’y accroche comme ultime rempart :

Mon aimée, la maison cernée de roch…

Mais ma vie file et je suis condamné

S’effilochant sans fin et sans repère

Sans s’arrêter et mon fils déjà perd

Son nom, le souvenir de sa nai…

Tout disparaît et je suis à court

D’idées car la maladie me ronge

Oui mais pas encore ! Et même en songe

Je me battrai! Rendrai coup pour…

Comme un spasme dans le cerveau

A chaque fois est éructée

Et puis éjectée ma pensée

Comme si j’allais la vo…

Encore un mot qui s’arrache

Mais il me reste mes sens

Cette dégénérescence

Qui brûle et qui va m’ach…

Les sensations ! Pense, et

Résiste un peu encore

L’odeur, le goût, ce corps

Que tu veux ense…

 Je me rattrape à

Ça et ma pensée

N’a plus de sens et

Je ne veux pas…

Trop tard et l’on

Ne peut rien faire

Et se défère

Ma volon…

 C’est fini

Ma mémoire

Sans espoir

Se vi…

Fini.

Je cesse

De res –

Pi…

Corps

Noir…

Moires

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J’avais ce thème de la disparition de la pensée en tête depuis déjà quelques temps (rassurez – vous, j’ai aussi beaucoup de pensées positives , ce qui n’est pas forcément une évidence lorsqu’on lit mes poèmes!).  La participation à un concours de poésie (où je n’ai pas été sélectionné), a été l’occasion de me mettre à sa rédaction.

De manière plus générale, j’ai souvent été intéressé par la relation qui pouvait exister entre le fond et la forme (visuelle) dans le texte.

Généralement, le sens est plus important que l’apparence dans un écrit. Mais c’est à mon sens (justement) sous-exploiter cette potentialité. Dans une histoire de jeunesse, j’avais décrit un fusil en mettant chaque mot (gâchette, canon) de manière a voir la structure de l’arme (oui oui, mes histoires étaient tout aussi joyeuses quand j’étais jeune, comprenant des tueurs à gage et ce genre de joyeusetés).

S’il s’agit d’un poème versifié, cette “forme” du texte est d’autant plus importante qu’elle impacte directement sur la rythmique de lecture. J’avais déjà travaillé sur cela avec “l’Eclat de la neige” où l’accélération dans l’histoire se traduit par une raccourcissement des vers, une régularité (et des allitérations de consonnes “claquantes”). Ce sera aussi le cas pour de prochains poèmes.

Si l’envie vous en dit, suivez le procédé inverse : comment quelqu’un passe du néant à la pensée, soit en retrouvant la mémoire, soit en naissant (par exemple). La versification sera donc 0111, 1222, 2333, etc….

Envoyez moi votre œuvre ainsi créée, je la mettrais en complément de celui ci !

A bientôt

Amanalat

Licence Creative Commons

L’Eclatement de la mémoire de Antonin ATGER est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 France.

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Pré-chronique du « Mystérieux Inconnu »

ATTENTION : Ceci n’est pas ni une nouvelle, ni un poème!

(ceci n’est pas une pipe non plus d’ailleurs)

Bonjour à tous !

Des semaines sans aucun écrit de ma part ! Aucune nouvelle, aucun poème, rien. J’imagine la dépression qui vont gagne ! J’imagine les 9000 (à 8930 près) abonnés à mon site apeurés, éplorés, manches relevées, prêts à se trancher les veines si leur supplication pour que je revienne restent vaines (décidément je ne peux pas m’empêcher d’être poète).

Peut être vous demandez vous si, fainéant que je suis, je profite de ce torride mois d’août (ironie : je suis à Paris, mot par définition antinomique avec la notion de « beau temps ») pour me la couler douce et vaquer, flagorner, sans rien tâter de littéraire avec mes dix petits doigts trapus, repus et au repos.

Que nenni mes amis. Comme le dirait un certain agent de la CIA, « la vérité est ailleurs » (pour saisir la référence, sachez que je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître – tiens, encore une référence. Décidément…).

Le fait est que pour le prochain écrit, je vais changer de registre : il ne s’agira ni de nouvelle, ni de poème, ni d’un quelconque texte sur l’Ecrivain Maudit (qu’il nous lâche un peu, lui aussi). Il s’agira de ma toute première chronique – et critique littéraire !

Mais attention, pas de n’importe quel livre. Pas du dernier best seller («best seller, donc forcément mauvais », ne peut s’empêcher de dire l’Ecrivain Maudit tapi en moi – schizophrène, schizophrène…). Il ne s’agira pas non plus de critiquer le dernier essai préconisant de guérir du cancer en mangeant des racines d’Eucalyptus.

Non, bien pire.

Il s’agit de chroniquer le livre le plus mauvais du monde. Quelqu’un devait le faire, je serais ce martyr.

Mais attention, quand je dis mauvais, c’est mauvais. Dans la famille « bouse infâme », je choisis celle de l’éléphant. Je ne parle pas d’un bête Twillight ou d’un vulgaire Mussot (confession : je n’ai jamais lu ni Twillight, ni Mussot, je suis donc très hypocrite en disant cela). Je vous parle des catacombes du mauvais genre, là où les égouts les plus putrides se rejoignent.

En voici le titre :

Le mystérieux inconnu.

Notez déjà la subtilité. En effet : habituellement, ce qui est mystérieux est connu, n’est ce pas ?

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Recette de l’Ecrivain Maudit

 

Pour être Ecrivain Maudit, suivez la recette
Ayez l’air hautain, distant… et acerbe
Présentez vous comme une graine de mauvaise herbe
Saupoudrez le tout de fumée de cigarette

Venant de ce mégot par toujours allumé
Coincé entre deux doigts, et d’un air nonchalant
Apprenez à toujours fumer élégamment
Le regard perdu dans les limbes éthérés

Ajoutez un soupçon, au niveau de l’approche,
Du geste méprisant pour cette populace
Pour ce peuple larvé qui ne tient pas en place…
Que pourtant vous aimez, dont vous vous sentez proches.

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Trois secondes dans le métro, histoire(s) complète(s)

Que faire lorsque vous croisez soudain l’amour de votre vie, mais qu’entre elle et vous se trouve la porte fermée d’un métro prêt à partir dans trois secondes?

Et bien, durant ces trois secondes, on réfléchit. A toute vitesse.

Voici l’histoire de cet instant.

Introduction : une seconde plus tôt

Une seconde plus tôt, on était tranquillement sur le quai. Naïf. Encore inconscient du cataclysme qui allait survenir. Les portes se fermaient, mais on n’était pas pressé. On pouvait attendre le métro suivant. D’autant que la moitié des ampoules de la rame ne fonctionnaient pas et que faire le voyage en nocturne…Alors on s’était décalé sur le côté pour laisser les fous furieux se ruer dans l’interstice qui se réduisait de plus en plus. Tout allait bien.

Première seconde

Et soudain tout ne va plus.

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ESCALE

(pour lire le texte en PDF, c’est ici)

            Zone de transit. Les gens semblent l’avoir parfaitement compris. A peine le pied à terre qu’ils se ruent à renfort de chariots, d’escalators et de navettes vers une nouvelle porte d’embarcation et vers l’avion qui les projettera, enfin, à destination. Parfois la jonction n’est pas instantanée. Certains tentent alors de rattraper les fuseaux horaires en somnolant allongés sur trois sièges, en contorsion autour des accoudoirs métalliques. Pour les autres, le temps d’un café, d’un journal ou d’un roman et ils quittent cet endroit qui n’est qu’une partie du trajet.

            Chacun son truc. De mon côté je suis déjà arrivé à destination. L’avion suivant ne m’emmènera nulle part où je veux aller, je ne sais même pas où il atterrit. Les autres attendent pour partir, moi je t’attends.

            D’ailleurs qu’est ce que tu fous, bordel ? Ça fait bien trois heures que je m’arrache les ongles, à soustraire chaque instant qui passe à ceux qu’il nous reste à passer ensemble. En palliatif à ton absence, je t’imagine. D’abord dans ta tenue officielle de diplomate indienne que tu portes le plus souvent. Puis j’allège tes vêtements et t’habille à l’occidentale, avec ce pantalon de velours noir que j’aime. Puis je te dévêtis complètement. Mais le subterfuge ne prend pas : je sais très bien que tu seras encore plus belle que ça.

            Nous n’aurons que quelques heures. Comme d’habitude, ce sera trop peu.

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Un dimanche habituel

Qu’est ce que je peux faire ?

M’en griller une, tiens.

Bon.

Et maintenant ?

Combien il m’en reste …merde. Je me suis enfilé plus d’un demi paquet en deux heures. Calmos.

Putain de mal de crâne…

Tout ce que j’ai pu ramener dans mon pieu hier soir, c’est une sévère gueule de bois.

Un autre café et ça ira mieux.

Arrête de fixer cette cafetière comme un demeuré. Le café est passé depuis deux minutes.

Ça brule !

De la vraie flotte. Je n’y arriverais jamais.

En tout cas bravo tête de nœud. Tu cravaches toute la semaine, tu brasses un fric monumental, tu diriges trente personnes et tu n’es toujours pas capable d’aborder une femme sans être complètement saoul. Vraiment bravo.

Je vais prendre une douche. Froide.

Qu’est ce qu’elle est froide !

Qu’est ce que c’est que ces cernes ? A 36 ans ! Et ça ? Et ça ? C’est quoi ces cheveux blancs ?

Cela dit, sans les cinquante heures de boulot hebdomadaire, la clope et la picole, ça irait peut être mieux.

Résumons la journée :

14 clopes

3 cafés

2 verres de blanc

1 douche

Et il est… 15 heures. Et je vais être à court de cigarettes. J’ai intérêt à trouver quelque chose à faire jusqu’à ce soir.

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